Doc Gyneco, de son vrai nom Bruno Beausir, voit le jour le 10 mai 1974 à Clichy-La-Garenne, en France. Bruno Beausir qui n'est pas encore Doc Gyneco le devient à son adolescence, quand il intègre la nébuleuse sarcellite du Secteur Ä avec Stomy Bugsy et Passi du Ministère AMER (Action, Musique Et Rap). De 1984 à 1988, Bruno Beausir grandit avec sa mère, résidant dans une tour de la Porte de la Chapelle, à la périphérie du 18ème arrondissement de Paris, où il a sa propre chambre, laquelle fait l'objet de la pochette de son premier album publié en 1996. En 1989, dans les lycées qu'il évoque plus tard sur « Quality Street », Charles Hermite, Maurice Utrillot, Ney, Bruno Beausir s'entraîne pour passer son BEP de comptabilité et peaufine son approche de la gent féminine, en appartenant à la bande des « SS », alias les « Supers Séducteurs », qui parle de lui-même.
C'est son succès avec les filles qui lui assure son surnom de Doc Gyneco, rendu officiel par son ami Stomy Bugsy. En 1991, Doc Gyneco figure dans le vidéoclip de « Traîtres » du Ministère AMER et participe de loin au premier album du groupe, « Pourquoi Tant De Haine », mais sans poser de featuring. En 1994, Doc Gyneco fait sa première apparition discographique sur le morceau « Autopsie », inclus dans le deuxième album du Ministère AMER, « 95200 ». Il y parle des péripatéticiennes du boulevard Ney et des ravages de la drogue en termes corrosifs, avec un humour qui est plus que jamais la politesse de son désespoir. En 1995, Doc Gyneco enregistre ses premières maquettes solo dans les studios du producteur Mariano Beuve, qui travaille également avec le Ministère AMER et d'autres groupes de rap de Garges-Sarcelles.
Il débarque dans le monde du disque avec une cassette contenant trois chansons, dont « Viens Voir Le Docteur », dans lequel il donne son numéro de téléphone. Séduit par ses prestations, le directeur artistique de Virgin réussit à contacter Doc Gyneco et à le signer. C'est aussi l'année du scandale « Sacrifice De Poulet », morceau du Ministère AMER, qui déclenche un procès lancé par le Ministre de l'Intérieur, Jean-Louis Debré, ce dernier portant plainte. Et c'est Gynéco qui chante le refrain d'une voix de miel. En 1996, Doc Gyneco publie un premier album, intitulé « Première Consultation », qui regorge de tubes imparables tels « Nirvana », « Dans La Rue », « Vanessa » et « Est-ce Que Ça Le Fait ? ». Ces bombes font décoller « Première Consultation » jusqu'à des sommets impressionnants. Un million d'exemplaires sont écoulés en six ans, un record uniquement égalé par IAM et son « Ecole Du Micro D'argent ».
Puis, Doc Gyneco chante en duo avec les Rita Mitsouko sur « Riche », titre adapté de « Ah Si J'étais Riche » d'Yvan Rebroff, pour un concert privé sur un plateau télévisé. Une rencontre d'où naît le projet « Liaisons Dangereuses », dans les bacs en fin d'année 1998, featuring Renaud, Lino, Bernard Tapie et la première apparition de l'emmerdeur du rap français, MC Jean Gab'1. En 1997, Doc Gyneco est nominé aux Victoires de la Musique comme révélation de l'année puis, sur la scène pour de la Fête de la Musique au « Bataclan », il interprète pour la première fois « Ma S... A Moi », titre inclus a posteriori sur « Première Consultation ». 1998 est l'année des « Dix Petits Nègres », le spectacle du Secteur Ä à « l'Olympia » de Paris qui voit se succéder Neg' Marrons, Ärsenik, Passi, Stomy Bugsy et Doc Gynéco, dans l'une de ses rares apparitions scéniques.
En fin d'année, Doc Gyneco publie « Liaisons dangereuses », compilation conçue par lui-même où il chante sur quelques titres, dont le tonitruant duo avec l'homme d'affaires chanteur Bernard Tapie, « C'est Beau La Vie » avec Assia au refrain, « L'homme Qui Ne Valait Pas Dix Centimes », ainsi que « Hexagonal » avec Renaud. En 1999, Doc Gyneco chante en duo avec Assia « Mauvais Garçon », pour la compilation « Indigo ». En 2001, « Quality Street » sort, « Caramel » et « Souveraine » sont inclus dans ce nouvel album. On entend sur « Quality Street » le producteur du Wu-Tang Clan RZA, le chanteur Gregory Isaac et Laurent Voulzy sur « Noirs Et Blancs », hymne antiraciste superbe de simplicité et trop peu médiatisé. L'aspect expérimental de « Quality Street » est un risque commercial que Doc Gyneco assume, tel Serge Gainsbourg avec l'insuccès de ses disques les plus extrêmes.
En 2002, Doc Gyneco publie « Solitaire », son « véritable » troisième album, qui commence avec le single festif « Funky Maxime ». Le rappeur de Los Angeles Daz Dillinger apparaît sur la chanson qui donne son titre à l'album, M fait hurler ses guitares sur « Flash », où l'on entend également Lord Kossity au refrain. Stomy Bugsy est sur la version album de « Frotti-frotta », avec un texte en créole capverdien. Entre les deux tours de l'élection présidentielle, Doc Gyneco enregistre « C'est Non », subtil hymne anti-Jean-Marie Le Pen évoquant l'éviction de Lionel Jospin. En 2003, Doc Gyneco descend à Marseille pour la promotion de « Taxi 3 », dont il signe la chanson de générique à la demande expresse de Luc Besson. Cette même année, c'est la sortie du « Menu Best Of », première compilation des tubes de Doc Gyneco, allant de « Viens Voir Le Docteur » à « Frotti-frotta », en passant par trois inédits dont « Taxi », basé sur un sample de « True » de Spandau Ballet.
En rupture de contrat avec Virgin en 2004, Doc Gyneco continue d'enregistrer des maquettes dans son studio fétiche « au quartier » à la Plaine St-Denis, où Kassav' fait ses premières armes. Doc Gyneco fait également des rencontres, celles de l'arrangeur Jean-Pierre Sabar et du chanteur de raï Cheb Tarik. Dix ans après Ministère AMER, Doc Gyneco croise à nouveau la route d'Hervé Deplasse, directeur général du label Exclaim. Ainsi, en 2005, Doc Gyneco signe sur Exclaim et entre en studio. D'une créativité débridée, il aligne des dizaines de nouvelles chansons qu'il enregistre au studio du Palais des Congrès ou « au quartier », dans ce studio minuscule et magique où il pose des tracks reggae nonchalants, « Donne-moi un SMIC ». « Un Homme Nature », album officiel et événement, est un disque surprenant publié en 2006, aux invités insolites et aux musiciens de talent.
Il est accompagné d'un album cousu main, « Le Doc Enregistre Au Quartier », enregistré dans ce fameux mini-studio « au quartier », à 200 mètres de la tour où Doc Gyneco grandit. Pour lui, rien ne change depuis les disques d'or, la télé, le succès, l'adversité et la renaissance : c'est toujours dans le 18ème que ça se passe.