« Little » Louie Véga et Kenny « Dope » Gonzalez constituent le duo prépondérant des productions et des remixs de la house. Leur nom de plume, Masters At Work, se tient derrière les plus grands hits club des années 90, bien que leur nom n'apparaissent seulement qu'en crédit. Venant de la scène américaine indépendante des night-clubs des années 90, Véga et Gonzalez mélange leur amour de la musique, en s'inspirant des clubs underground de New York pendant les années 80 (disco, garage, house de Chicago, hip-hop, freestyle latin et dancehall pour influencer énormément le monde de la dance music). Au delà des Masters At Work, Kenny et Louie se retrouvent dans bien d'autres projets tels que NuYorican Soul, KenLou, Bucketheads et The Untouchables.
Vega et Gonzalez, originaires de New York, le Bronx et le Brooklyn respectivement et bénéficiant de l'héritage parental « portoricain », sont très tôt influencés par les rythmes latins de la salsa et du mambo (l'oncle de Vega est le vocaliste de salsa Hector Lavoe et son père joue du saxophone, dans les groupes latins pendant une trentaine d'années). Pendant les années 80, Véga et Gonzales sont des djs remarquables à New York, Véga se plonge dans la house et le garage, tandis que Gonzalez est strictement un fan de hip-hop. Le duo fonctionne également séparément comme producteurs et Véga se fait une renommée, en travaillant pour des productions et des remixs de Nice And Smooth, d'Information Society et d'India. Gonzalez, dj sans résidence, travaille sous le nom des Masters At Work, fonde son propre label, Dope Wax Records et bosse sur les productions des plus grands labels house new-yorkais : Strictly Rhythm, Nervous, Cutting et Big Beat.
En 1987, il prête le nom des Masters At Work à Todd Terry pour le single « Alright Alright », un hit énorme. Un an plus tard, Tod Terry présente Gonzales à Véga. Le duo pense que la combinaison de leurs influences peut être une expérience intéressante. Par la suite, ils sortent leur premier single « Blood Vibes », sur Cutting Records. Alors que Vega a toujours des contrats pour des remixs, le duo décide d'appliquer la formule MAW à Debbie Gibson pour « One Step Ahead ». La communauté club est surprise d'entendre un artiste pop grand public sortir, un respectable voir excitant, morceau club. Les équipes de production house sortent rarement des albums sous leur propre nom, mais un long format des Masters At Work apparaît en 1991, sur Cutting Records.
Cet album se compose d'anciens morceaux, de productions nouvelles avec la participation de Jocelyn Brown et d'India (épouse de Vega), ainsi que des producteurs comme Todd Terry et Maurice Joshua. La renommée de Vega et de Gonzalez explose et chacun veut son remix des Masters At Work : Michael Jackson, Donna Summer, Madonna, St Etienne, George Benson, Brand New Heavies, Lisa Stansfield, Dee-Lite, Everything But The Girl, Chic, Soul II Soul, Neneh Cherry, Ce Ce Peniston, Björk et bien d'autres encore. Bien que les Masters At Work soient toujours un phénomène relativement underground, en 1993, le succès des singles « The Nervous Track », « Love And Happiness », « I Can't Get No Sleep » et « When You Touch Me » leur permettent de créer leur propre label, MAW Records, filiale du label Strictly Rhythm. Le projet disco de Gonzalez, connu sous le nom de Bucketheads, tient la tête des hits parade avec le tube planétaire de 1995, « The Bomb (This Sounds Fall Into My Mind) ».
En 1997, les Masters At Work, au sommet de leur carrière, sortent un album sous le nom de « NuYorican Soul ». Enregistré avec une foule de génies du jazz (George Benson, Roy Ayers, Tito Puente, Charlie Sepulveda et Dave Valentin), le disque engendre plusieurs hits tels que « Runaway » et « It's Alright, I Feel It ». L'année suivante, les Masters At Work compilent certaines de leurs meilleures productions pour « Masterworks : Essential KenLou House Mixes ». En 1999, c'est tout Ibiza qui danse sur l'hymne inépuisable et hédoniste, « To Be In Love », qui ressort pour l'été avec sa pléiade de remixs, tous aussi bons les uns que les autres. En 2000, c'est le moment de faire le point sur dix ans de carrière, une bonne idée pour les fans qui n'arrivent pas à suivre les sorties, puisque les Masters At Work estiment le nombre de productions sous leurs différents patronymes à plus de 300.